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mirimione

The Bookworm's Den

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Coke en stock

Coke en stock - Hergé Tout d’abord, je vous prie d’excuser mon français – je l’apprenais à l’école il y a six ans et depuis ce temps-là, il ne s’est pas amélioré. Pardon à tous!

Alors, pour commencer avec cette critique : j’adore la série de « Tintin ». Je l’adorais depuis mon enfance, parce qu’il y a des aventures, un protagoniste très aimable, un chien super mignon, et beaucoup de pays inconnus. Ce que j’adorais le plus, cependant, c’est l’amitié du capitaine Haddock et Tintin. Dans cet album, ils sont meilleurs amis pour plusieurs ans déjà, et c’est évident par le haut degré de confiance Tintin met au capitaine et vice versa. De plus, ils se complètent parfaitement quant à leurs personnalités : Tintin est un jeune homme très poli, curieux, prudent et vertueux, tandis que le capitaine est un personne très drôle (sans le faire exprès), pas du tout poli, fidèle et connaissant le monde (surtout la mer) comme personne d’autre. Ensemble, ils constituent une équipe très aimable que personne ne peut arrêter.

Dans cette bande il y a beaucoup de scènes qui montrent précisément cela, surtout à la fin, quand Tintin et Haddock doivent se battre avec leurs ennemis : alors que Haddock conduit le navire, Tintin appelle à l’aide avec la radio et c’est comme ça que les deux peuvent être sauvés par les Américains avant d’être immergé dans la mer. D’ailleurs, il y a beaucoup de scènes très mignonnes : par exemple, quand un avion explose et Haddock s’inquiète pour Tintin. C’est vraiment très mignon – et drôle à la fois, parce qu’au moment d’explosion, capitaine Haddock tient une bouteille d'alcool à la main. Quand il entend l’explosion il s’inquiète pour sa bouteille d’abord, et se réjouit qu’elle est saine et sauve. Mais peu après il se rappelle que Tintin voulait voir cet avion, et à cause de sa panique soudaine, il casse sa bouteille lui-même. Naturellement ça lui rend un peu fâché, mais il s’inquiète davantage du sort de Tintin.

Même si l’amitié de Tintin et Haddock dans cette bande dessinée est vraiment mignonne et il y a beaucoup de situations drôles, il y a à la fois un aspect qui est problématique : la représentation des Soudanais et Sénégalais. Certainement, avec l’esclavage moderne, Hergé choisissait un sujet assez pertinent pour cette BD. Au 21ère siècle aussi, malheureusement, elle existe encore : selon la BBC presque 30 millions gens en 162 pays doivent vivre comme esclaves (http://www.bbc.com/news/world-24573127). L’indignation de Capitaine Haddock quand il découvre que cette abomination existe encore est très compréhensible – et sa réaction de maudire les négrier avec toutes les malédictions qu’il connaît est vraiment juste.

Tout de même, la description des Soudanais et Sénégalais comme des gens bonnes mais à la fois simples (tout à fait comme enfants) est problématique, c’est le moins qu’on puisse dire. Quand le Capitaine Haddock leurs expliquent qu’ils seraient vendus comme esclaves s’ils continuaient leur voyage à la Mecque, ils ne le croient pas et répètent plusieurs fois qu’ils sont simplement « de bons Musulmans » (p. 47) en pèlerinage au tombeau du Prophète. Aïe, n’est-ce pas ? Je trouve la description des Africains comme des hommes crédules, extrêmement religieux et n’étant pas conscient de leur propre sort proche de racisme. En tout cas, ça me fait grimace.

D’ailleurs, leur façon de parler semble un peu simple à moi : ils tendent à commencer leurs phrases avec le même mot et la structure de leurs phrases n’a pas beaucoup de variations. Pour la plupart, l’ordre est substantif – verbe – adjectif/complément de lieu/complément de temps, etc. Par exemple : « Oui, cap’taine, bien compris. Il est très méchant, cet Arabe. On veut pas être esclaves, nous. On veut simplement aller à la Mecque. » (p. 50) Certainement, il est très difficile de nier que c’est raciste.

En même temps, la chose que je trouve intéressant est qu’il y a deux personnes d’autre qui ne maîtrise pas un français parfait : Szut, l’homme d’Estonie, et le général Alcazar, venant de l’Amérique du Sud. Tandis que le dernier se distingue surtout par son accent espagnol (« yé … oui, yé voyage … Mais … excousez-moi, yé souis très pressé … Déyà en rétard à ouné rendez-vous … Yé vous quitte. » (p. 2)), la façon de parler du premier est vraiment simple. Pour la plupart, il peut seulement parler en phrases incomplètes et erronées : « Alors eux fâchés … Cassé le radio et battre avec moi … Alors moi … knock-out … Eux partis ?... » (p. 46)

Malgré cette circonstance, la façon de parler des Soudanais et Sénégalais me rend mal à l’aise – peut-être c’est à cause de la combinaison simple langue en plus d’une personnalité simple. En tout cas, je le trouve très problématique et je pense qu’il est important d’être sensible en ce qui concerne la représentation des autres nationalités.

En résumé, l’histoire de cette bande de Tintin présente une aventure passionnante, en figurant beaucoup de scènes mignonnes et drôles avec Tintin et capitaine Haddock (qui sont le cœur d’histoire, à mon avis). Toutefois, la BD également ouvre une fenêtre à un temps en Europe quand la représentation des autres nationalités dans la culture pop était problématique jusqu’au point d’être raciste et il est important d’être conscient de cela lors de la lecture.

HERGÉ. (1958) Les Aventures de Tintin: Coke en Stock. Paris: Casterman.